NOUREEV CHEF D'ORCHESTRE |
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Aimable autorisation Alexandra
Rudolf au MET de New York
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Sa carrière de chef d'orchestre fut encouragée
par trois des chefs les plus extraordinaires de son siècle
: A Vienne, Wilhelm Hübner, " Papa Hübner ", professeur à l'Académie de musique et ancien violonistre de la Philarmonique, se charge de guider son élève. Avec quelques musiciens de la Philarmonique, Noureev travaille sans relâche pour maîtriser cette nouvelle discipline. Hübner est stupéfait de la capacité et de la rapidité d'assimilation de son élève. Ayant fondé le Residenz Orchester deux ans auparavant, Hübner prépare Noureev à son premier concert avec la Symphonie dite de la Chasse de Haydn, la " Sérénade pour orchestre à cordes " de Tchaïkovksy et le Concerto pour violon K218 de Mozart. Les musiciens de l'orchestre n'étaient pas très enthousiastes de servir de cobayes au prestigieux danseur qui cherchait une nouvelle voie. Toutefois ils respectèrent le sérieux de l'approche de leur nouveau chef et lui pardonnèrent ses maladresses devant sa personnalité, mais aussi son humilité et sa volonté de servir la musique. Michel Sassoon, chef d'orchestre qui dirigea de nombreuses représentations de ballets dansées par Noureev et notamment " Roméo et Juliette " de Prokofiev pour Noureev et la Scala de Milan dans les années 80, dit : " Nous nous étions violemment accrochés lorsque j'avais refusé de modifier les tempi puisqu'ils étaient voulus par Prokofiev. Finalement, Noureev adapta sa chorégraphie afin qu'elle soit en harmonie avec la partition du compositeur. Il avait un grand respect de la musique. Il n'aurait pas vraiment pu devenir un grand chef d'orchestre parce qu'il ne savait pas comment parler aux musiciens, mais s'il avait commencé par la musique, il aurait certainement compté parmi les plus grands. " Après quelques mois de travail, Noureev
fit ses débuts dans le Palais Auersperg en juin 1991
devant quelques centaines d'auditeurs en dirigeant les uvres
précédemment citées. Noureev, malade, ne
s'avoua jamais vaincu et c'est ce qu'il entendait signifier
au monde en embrassant cette nouvelle carrière. Sa carrière de chef d'orchestre couvre à peine
plus d'un an, mais là encore il étonna ses proches,
comme son public par le nombre de concerts qu'il donna compte
tenu de son inexpérience et de la maladie. Ce fut la perspective de diriger " Roméo et Juliette " de Prokofiev au Metropolitan de New York qui lui donna l'énergie de survivre. Le 6 mai 1992, il dirigea " Roméo et Juliette " que dansèrent Sylvie Guillem et Laurent Hilaire avec les danseurs de l'ABT. Gageons que tous, public et danseurs, furent totalement captivés par ce qui se passait derrière le pupitre du chef. Sa toute dernière apparition de chef eut lieu à l'Université de Berkeley, San Francisco le 17 juillet 1992. Jusqu'à sa mort, il reçut de très nombreuses propositions pour diriger des ballets, mais ne put les réaliser. Son état de santé l'obligea à abandonner son rêve de diriger la première de la Bayadère à l'Opéra de Paris, le 8 octobre 1992. H.C.
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