LE CENTRE NATIONAL DU COSTUME DE SCENE ET DE LA SCENOGRAPHIE

La Rudolf Nureyev ® Foundation vient de faire don au CNCS d’une très importante collection de documents, d’objets, de mobiliers, d’oeuvres d’art, de costumes… ayant appartenu à ce célèbre danseur et chorégraphe devenu légendaire.

noureev


En préfiguration du “lieu de mémoire Rudolf Noureev” qui sera installé au Quartier Villars, le CNCS et la Rudolf Nureyev ® Foundation ont présenté en 2009, depuis le mois de mai 2009, l’exposition “Rudolf Noureev, 1938-1993, la trame d’une vie”, évoquant, à travers photographies, costumes, maquettes…la vie de cette icône de la danse et ses ballets.

La Rudolf Nureyev ® Foundation participe largement au montage financier de cette exposition ainsi qu’à la création de ce lieu de mémoire. Conçue à partir des collections de photos et de costumes ayant appartenu à Rudolf Noureev, l’exposition développera, sur 1 500 m2 de surface, les principales étapes d’une vie tout entière dédiée à la danse.

L’exposition présentée au CNCS est nourrie essentiellement de photographies et de costumes. C’est en effet la première mission du Centre national du costume de scène de présenter l’esthétique de Rudolf Noureev grâce aux costumes des productions qu’il a montées pour toutes les grandes compagnies de ballet.

noureev costumes

L’imagination nourrie de la splendeur des ballets impériaux et des fastes de la Russie des tsars, comme des somptueuses productions de Benois et de Bakst pour les Ballets Russes de Diaghilev, comme de l’esthétique des films de Visconti et de Zeffirelli, Rudolf Noureev aimait les spectacles fastueux, généreux, abondants comme des cérémonies.

Il est aussi, dans la vie, un collectionneur passionné de textiles et de tapis, qu’il achète aux quatre coins du monde lors de ses tournées.

Loin d’être indifférent à la mode, il influence les tenues masculines des années 60 à Londres, les années de Carnaby Street et des Beatles, des Rolling Stones et de Vidal Sassoon. Dès son enfance il est passionné par les costumes et intervient pour les siens propres au Kirov, imposant des modifications et des améliorations dont profiteront ses camarades du ballet. Connaissant parfaitement son corps, il met au point un modèle de base de ses pourpoints et l’exige, quelle que soit la production.

Noureev portait ses costumes, comme ses chaussons, jusqu’à un point d’usure inimaginable. Le plus bel exemple étant le pantalon du Corsaire, qui lui servit pour toutes les représentations au cours des années, maintes fois reprisé. Le costume raconte alors une toute autre histoire que la version scénique. Il dit l’attachement à ces quelques biens – tenues de répétition, chaussons, costumes, thermos, serviettes éponge – trimballés dans des sacs que Rudolf ne quittait jamais, bagages du quotidien de cet éternel voyageur, de ce déraciné trouvant son identité dans les salles de cours, les studios de répétition et les scènes des théâtres dans le monde entier. Ce sont les objets témoins de sa vraie vie.

Une centaine de costumes des ballets dansés et chorégraphiés par Rudolf Noureev, signés, entre autres, par Cecil Beaton, Ezio Frigerio, Nicholas Georgiadis, Martin Kamer ou Franca Squarciapino, formeront un des axes de l’exposition. Ils proviennent du CNCS et de la Rudolf Nureyev ® Foundation, de théâtres et de collectionneurs.
Les propres costumes de Rudolf d’abord, bien sûr, présentés comme des armures ou comme des reliques, auxquels il attachait une grande importance, et que les responsables des ateliers de couture de l’Opéra de Paris ont décrypté pour nous, ceux de ses partenaires aussi, Margot Fonteyn, Carla Fracci, Noella Pontois, Ghislaine Thesmar, Sylvie Guillem… et tant d’autres.

Maquettes de décors et de costumes accompagnent cette présentation jusqu'au 11 novembre 2009.