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FAMILLE CHOREGRAPHIQUE NEO-CLASSIQUE : GEORGE BALANCHINE

George Balanchine -
  Biographie

Dès son enfance à St-Petersbourg, où il est né en 1904, Georgi Melitonovitch Balanchivadze a été élevé dans la tradition du ballet académique, héritée de Marius Petipa.

En passant par les "Ballets Russes" de Diaghilev qui se produisent à Paris et à Monte-Carlo de 1909 à 1929, Balanchine rencontre Stravinski et s'ouvre à la modernité.

Ses premières chorégraphies (comme Apollon Musagète en 1928) témoignent déjà de sa volonté de "transformer le son en mouvement".

Le mécène américaine Lincol Kirstein emmènera ce "Russe européen" aux Etats-Unis fonder la Scholl of American Ballet en 1934, qui donnera naissance à plusieurs compagnies. Parmi elles, le New York City Ballet que dirigea Balanchine de 1948 jusqu'à sa mort en 1983.

En Avril 1985, à la mort de Balanchine, le catalogue de ses oeuvres - pour le ballet et aussi pour la comédie musicale et même le cirque ! - dénombrait 425 chorégrahies (dont plusieurs versions d'un même ballet, car Balanchine au fil du temps, remaniait chorégraphie et présentation générale : "le point de vue change, les interprètes aussi", disait-il).

George Balanchine a su actualiser le ballet classique en élargissant le vocabulaire et en dynamisant les rythmes : avec lui, la danse est devenue "une visualisation" de la musique. Il dirigea le New York City Ballet, dont il fit l'une des meilleures compagnies du monde, et Rudolf Noureev y alla danser en "invité". Balanchine ne créa qu'un seul ballet pour Noureev : le Bourgeois gentilhomme (1979).


 
Ballets du répertoire balanchinien
dansés par Rudolf Noureev :

Agon
Apollon
Le Bourgeois gentilhomme

  NOUREEV ET BALANCHINE

Rudolf Noureev nourrissait une grande admiration pour le chorégraphe George Balachine. "Je fus intrigué et subjugué quand je vis Apollon pour la première fois... C'était à Léningrad, au début de l'année 1961,... le ballet était dansé par la compagnie cubaine d'Alicia Alonso. Je me demandais pourquoi il avait réglé ces mouvements.... C'était de la pure danse mais qui semblait traduire une pensée et des mots, sans avoir recours à la pantomime. Des mouvements prenant une dimension symbolique". (Rudolf Noureev).

Dès ses premières interviewes de 1961 – après son «saut de la liberté»
(16 juin) – le jeune transfuge du Kirov déclare qu’il veut aller à Copenhague travailler avec les danseurs du Ballet Royal du Danemark, qu’ensuite il souhaitait aller à Londres et de là s’envoler pour New York : « j’aimerais tant travailler sous la direction de Balanchine ».

C’est en Janvier 1962, en compagnie du danseur danois Erik Bruhn, que Rudolf Noureev a la possibilité de rencontrer Balanchine. Lors du dîner, Rudolf fait part au chorégraphe de son désir de danser au New York City Ballet et Balanchine lui répond : « Vous ne savez pas danser de la façon dont nous dansons dans notre compagnie et cela vous prendrait trop de temps à apprendre. Allez… continuez à donser vos princes, et quand vous en serez fatigué, revenez me voir. »

Rudolf partit faire ses débuts au Covent Garden de Londres (Giselle le 21 février 1962 avec Margot Fonteyn), puis – à l’occasion des représentations de la Right Pages Compagny à la Brooklyn Academy of Music ( fit ses débuts américains le 10 mars 1962, dans le pas de deux de Don Quichotte avec Sonia Arova. Balanchine, qui était dans la salle, ne vint pas en coulisse. Rudolf en eut de la tristesse et livra dans un entretien avec le journaliste Anatole Chujoy : « Je suis un danseur romantique et les ballets de Mr Balanchine se présentent comme un terrain nouveau pour moi, très différents de ce que j’ai dansé jusqu’à présente, mais je ne demande qu’à en connaître davantage. »

Rudolf devra faire son apprentissage balanchinien sans Balanchine et au sein d’autres compagnies que celle du NYCB : Theme & Variations avec l’American Ballet Theatre (décembre 1962), Apollon Musagète avec le Ballet de l’Opéra de Vienne (Septembre 1967), Le Fils prodigue avec le Royal Ballet de Londres (Janvier 1973), ainsi que Agon – la variation du premier pas de trois – également avec la compagnie anglaise (décembre 1973).

En Janvier 1979, Balanchine - après avoir lu dans le New York Times une interview de Noureev déclarant "cela fait des années que j'attends de danser un ballet comique !") pensa à Rudolf pour une nouvelle présentation du Bourgeois Gentihomme (sur la musique de Richard Strauss) qu'il avait monté déjà par le passé - en 1932 et 1944 - pour les "Ballets Russes" à Monte Carlo.

Les répétitions commencèrent en février 1979 et la "première" eut lieu le 8 Avril 1979 au State Theater du Lincoln Center, où se produit régulièrement le New York City Ballet. Rudolf dans le rôle "à transformations" de Cléonte avait pour partenaires Patrici Mc Bride et Jean-Pierre Bonnefons.

Un mois plus tard, Rudolf Noureev reprendra Le Bourgeois gentilhomme avec le Ballet de l'Opéra de Paris, en première partie des représentations de Manfred, au Palais des Sports.
J.L.B.