Petrouchka ballet dansé par Noureev


Petrouchka ballet Noureev

Musique : Stravinski - Livret de Stravinski et Alexandre Benois, également auteur des décors et costumes - Chorégraphie : Mikhail Fokine

Crée le 13 juin 1911 au Théâtre du Châtelet, par Nijinski, Karsavina, Orlov et Cecchetti. Rudolf Noureev a dansé pour la première fois le rôle de Petrouchka, le 24 octobre 1963 avec le Royal Ballet. Ce personnage populaire russe, qu’il marque de sa forte personnalité, compte parmi ses plus émouvantes compositions. On n’oubliera pas l’image expressive de ses mains gantées serrant son visage pathétique, maquillé de blanc, sous un bonnet de pitre. Il le dansera tout au long de sa carrière, dans le monde entier, notamment à l’Opéra de Paris en 1972, 73 et 75, avec Noëlla Pontois et Charles Jude (Yves-André Hubert les filmera pour Antenne 2 qui diffusera le ballet le 27 décembre 1976)) puis à New-York et Chicago avec le Joffrey Ballet, en 1979 et 1980, dansant au même programme en hommage à Diaghilev « Le Spectre de la Rose » de Fokine et « L’Après midi d’un Faune » de Nijinski, (le spectacle sera intégralement filmé à Nashville en 1980).

Rudolf Noureev effectuera de longues tournées avec ce même programme et le Ballet de Nancy, en 1982, notamment au Théâtre du Châtelet là où le ballet fut crée par Nijinski- puis à Florence et Londres, dans toute l’Amérique Latine en 1983, à Nancy en 1984 et 1986, au Festival d’Edimbourg en 1987. Rudolf Noureev a incarné Petrouchka pour la dernière fois à Naples avec le Ballet du San Carlo le 15 décembre 1990. L’action se situe en 1830 à Saint-Pétersbourg pendant les fêtes de Mardi Gras. Un vieux charlatan attire la foule vers sa baraque foraine où d’un coup de baguette il donne vie à trois marionnettes : le timide Petrouchka amoureux de la Poupée, une coquette qui lui préfère un Maure stupide. Petrouchka souffre de n’être qu’un simple pantin qui ne peut exprimer son amour comme un humain. Il se révolte contre son rival qui, furieux, le poursuit et lui fend le crane d’un coup de cimeterre au grand effroi de la foule. Le vieux charlatan rassure le public en montrant que Petrouchka n’est qu’un pantin de chiffon. Il le traîne comme un mort, lorsque épouvanté il voit Petrouchka (ou son l’âme, l’âme du peuple russe ?) le narguer au dessus de la baraque, avant de s’effondrer pitoyablement en se balançant dans le vide, sans vie. Héros populaire comme Pierrot en France, Petrouchka touche le public par sa sensibilité, son amour malheureux et le sentiment de sa condition qui le désespère, manipulé par un charlatan, qui l’oblige à jouer ce triste rôle.